LE MONTAGNE DES PYRENEES
Description de la race

Extrait d’un article de la RACP, de Thérèse LEPEUDRY et Benoît COCKENPOT

Le Montagne des Pyrénées ou « PATOU », comme le nomment affectueusement les gens du pays et connaisseurs, constitue une race sans doute vieille de plusieurs millénaires.


Est-il effectivement venu de Est, des confins de l’Asie Centrale ? Les flux migratoires successifs l’ont-ils ainsi porté toujours plus loin vers l’Ouest, alors que se fixaient sur le pourtour méditerranéen et en Europe Centrale des races cousines montrant bon nombres de ses caractéristiques morphologiques et certaines de ses particularités de comportement ? Toujours est-il qu’on le sait présent dans nos Pyrénées depuis de nombreux siècles, et l’usage auquel le destinaient toutes ces générations successives a modelé ses caractéristiques pour les fixer telles que nous l’apprécions aujourd’hui. Qui était-il donc ? A coup sûr chien de garde et de protection des troupeaux, auxiliaire indispensable d’un berger confronté à la solitude dans un milieu souvent hostile.

Mais aussi, chien de garde et de protection des hommes, de leurs habitations et de leurs biens. Ainsi sont-ils répertoriés au service de nombreux châtelains des Pyrénées médiévales. Le point culminant de sa gloire sera atteint avec son adoption par le Duc du Maine fils de Louis XIV, puis par le Marquis de Louvois ministre de la guerre du Roi Soleil.

Poursuivant ainsi parallèlement deux carrières qu’on peut considérer antinomiques, notre Patou traverse les siècles et parvient jusqu’à l’ère de l’industrialisation intensive. La diffusion de l’information et les facilités de transport vont le faire connaître d’amateurs éclairés du monde entier, et il part à la conquête de tous les continents, traversant les mers pour s’implanter et prospérer en Amérique du Nord, en Afrique, en Australie, au Moyen-Orient et même en Extrême-Orient. De même il progresse dans toute l’Europe et les colonies du Nord au Sud. C’est aujourd’hui la race canine française la plus représentée dans le monde. Mais ce mouvement planétaire aurait pu aussi signifier la perte définitive des racines pyrénéennes, qui avaient patiemment tissé au cours des siècles cette trame serrée de sélections successives, et permis ainsi de fixer un ensemble si séduisant de qualité. En ce même début du XXe siècle, des amateurs passionnés s’attachent à fixer les caractéristiques de la race en rédigeant le premier standard et se dépensent sans compter pour les préserver par la sélection. L’effort depuis ne s’est jamais relâché et le club de race, la RACP, veille sur ce patrimoine inestimable que constitue cette race, pour notre pays et pour nos Pyrénées.

Chien de troupeau, chien de garde, chien de compagnie, qu’ont fait du Patou ces imprégnations simultanées et successives ?

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